Les poèmes se font de plus en plus rares sur cette page mais pas dans mon cahier. Voici donc le dernier en date! Bonne lecture
Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié
Sanctifie aussi le sang des pères d’outre vie mêlé à l’âcre de leur sueur versée sur la terre lacérée de soupirs incéssants et de larmes coutelas
L’espoir du pain de chaque jour avait l’ironie sombre d’un papayer mâle au goût de sucre amer.
Et le pardon est né de l’offense vive mais lasse de combat sans soldats aux cicatrices sang.
L’oubli est une tentation qui n’soigne pas les blessures. Roseau qui plie jamais ne casse et la douleur vit sans censure.
Au nom du béké, du colon, Saccharum robustum
A perte de vue, les champs de canne déroulent leurs panaches blancs narguant les vents fougueux qui sentent les embruns
Leurs flèches ont transpercé tant de cœurs innocents qu’elles se pavanent hautaines
Insolents souvenirs de silences supplices
Les relents cendrés de canne que l’on consumme porte le cœur aux lèvres. Nausée tropicale
Tant de particules en nuée dessinent une rumba ivre de rhum de malavwa
Les rues de Gorée semblent si loin déjà et pourtant la complainte de l’amarreuse en peine conte la traversée Elle dit : coolis. Elle dit bossale. Elle crie Hayiti chérie
Raché koupé pléré Raché, koupé, pléré. Raché, koupé, pléré. Raché, koupé, pléré
Un chant sans voie où les roseaux sucrés déversent une eau-de-vie qui dévale les mornes
Elle dit : An ba rôb. Bikanna blan. Gro Néli. Gwatémala. Jounou poul. Sent kwa.
Elle dit : Père Labat aurais-tu oublié tous les Pater nostrum ? Toi qui nous enseigna Sacharum robustum au nom du capital. Au nom de tous les saints de la consommation, du pouvoir et du
gain.
Elle dit : Pardonnez-leur Seigneur même s’ils savaient ce qu’ils faisaient
Elle dit : Kalandriyé. Kristalinn. Bélandjèt. Koubaril. Pen épi lèt. Sik dôj. An gou myèl, an gou sèl. Paradoks ka bat zèl
Elle dit l’immonde géométrie aux contours aigus qui fit d’un triangle infernal un cercle aux vices innommables.
Du vésou et du sang sur les mains, les bourreaux fredonnent une vwa bèf guidant un cabrouet funèbre
Le commandeur commande, le géreur gère, l’amarreuse amarre, le coupeur coupe, les chiens aboient et le marron trépasse
Elle dit : Nozenbé. Pété po. Poslènn. Ribané. Rosinyôl.Zabitan. Maframé.
Et la terre écorchée se souvient des prières.
Et le ciel scélérat a le bleu de l’amer.
Et les champs ont un goût de sang coagulé. Et les âmes…Et les larmes
Et la sombre mélodie d’un padjanbèl mutique dit que le sucre est argent et que la souffrance dort.
La liste est en effet très longue...Et si vous la complétiez?
Je vous propose donc de laisser aller votre imagination dans vos commentaires. En français, en créole, ou en tout autre langue qui vous inspire!
Bonne lecture...
Jenjanb Miskad Vani’y Kannèl
Bonjour à toutes et à tous,
Je commence par vous souhaiter une très bonne année 2008 comme la tradition le veut.
2007 a été une année de révélation: l'écriture, la musique...2008 sera je l'espère l'année de la réalisation...Je vous la souhaite
riche en épanouissement, en sérénité et en amour de vous et de ceux qui vous entourent.
Ceux qui passent par cette page régulièrement ont dû se demander si j'avais arrêté d'écrire ou si j'avais disparu! Rien de tout cela. Après 2 semaines en Martinique, je suis revenue en France
mais l'esprit ni le coeur n'y étais.
J'y serais bien restée plus longtemps mais je devrai attendre le mois de mars pour ça. En effet, une nouvelle aventure commence dans 2 mois: retour aux sources, création, écriture, et voyages à
la clé!
Je continuerai donc d'alimenter ce blog depuis mon île et peut-être que mon âme nomade vous guidera ailleurs...qui sait...
Je laisse en ligne, un texte rédigé à mon retour de Martinique en décembre. J'étais partie par 10 degrés et je suis revenue par -4. Imaginez donc le contraste avec le soleil et la chaleur
tant humaine que climatique que je venais de quitter. Imaginez donc une Simone médusée, perdue dans une dimension hostile.
Ce poème date donc de cette période...
Bonne lecture!
L’automne murmure des mots d’hivers et parfois des maux divers érodent ma foi
Pas de poème ce matin, mais une réflexion de sortie de travail hier soir...Des caméras partout, frigidité dans le métro...Rien ne doit dépasser...
Souriez,vous êtes filmés
Ultra sécurité pour société lyophilisée
Souriez, vous êtes paternalisés
Anesthésiés mais PROTEGES
Souriez vous êtes fichés
La peur est traçabilisée
Scannée, analysée, contrôlée
Souriez, vous êtes fichus
L'ADN a remplacé la haine
Racisme organisé
Rien ne doit dépasser
Everything's gonnabe OK
Souriez, vous avez voté
Et puis les autres ont décidé
Souriez, vous êtes filmés
Protection rapprochée
Sans sucre ajouté
Souriez, vous êtes google-isés
Gouvernement édulcoré pour révolution gogolisée
Souriez, vous consommez
Au prix d'un pouvoir d'achat soldé
Payez cash et gardez la monnaie
Souriez, vous êtes recyclés
Eco-logique de pourrissement
Intelligence bio-dégradée
Souriez, vous êtes soap-opérés
Télé lobotomisés
Souriez, ou bien pleurez
Mais s'il vous plait, réagissez
Le scénario est mal écrit
Mais il n'est pas encore fini





