Un peu de légèreté en ce samedi matin...
Ménage à trois
Mon mec vit une passion avec un prénommé Michael Scofield
Ca me gêne pas qu’il soit homo, mais j’aimerais mieux qu’il plaise aux filles
Ce gars s’immisce dans ma vie comme il s’incruste dans sa prison
J’sais qu’c’est un peu démesuré, mais y’en a qu’pour lui à la maison
J’avais jamais compris pourquoi Loulou m’esquivait discrèt’ment
Quand je l’appelais l’vendredi soir c’était jamais le bon moment
Toujours la tête ailleurs, ma parano s’est réveillée
J’me suis même demandé si l’anguille sous la roche était pas une poupée
Quand je le convoquais au parloir d’mes états d’âme nocturnes
Il me répondait hum hum. Je déteste ce mode taciturne
En fait il essayait d’déchiffrer l’tatouage de son héros
Tu sais celui où ya le plan de la prison, de New York et même du métro
Un jour mon mec m’a avoué après que j’ai piqué ma crise
Sa passion pour sa série télé, l’vendredi soir pendant que j’tease avec mes copines des verres de sky au pti bar d’à côté
Quand j’suis pas là il peut kiffer ces prisonniers télévisés
Moi j’ai regardé qu’une fois, j’ai trouvé les héros TROP beaux
Pendant tout l’épisode j’arrêtais pas d’jaqu’ter et de vouloir n’golo golo
T’imagines même pas la force de mon tv rivale
Une fois qu’l’écran s’allume, mon mec font comme de l’emmental
C’est pas qu’je sois jalouse de mister croque monsieur
Mais dès qu’le générique commence, mon homme je peux lui dire adieu
J’espère juste qu’ya qu’les barreaux d’la cellule qui plaisent à mon chéri
Scofield est plutôt bien gaulé, ya pas qu’les meufs qui apprécient
Désolée mais, avant lui j’étais la queen du vendredi soir
Depuis qu’on fait ménage à trois, ma libido est au mitard
J’sais qu’je devrais pas m’plaindre qu’il soit accro à Prison break
C’est mieux qu’le foot ou le rugby en chien d’faïence devant un steak
Ptet que j’enrage tout simplement parce que j’aimerais faire comme lui
M’affaler dans mon canapé, mater ma série toute la nuit
C’est son friday night fever, pas d’quoi en faire un reblochon
J’avoue qu’les Desperate j’adore. Qu’ça reste entre vous, moi et la télévision.
Et puisque votre mémoire de l'anglais a été sollicitée par le texte précédent, encore un autre texte en anglais (ne me demandez pas pourquoi je l'ai écrit alors que ce n'est pas ma langue, je ne saurais pas vous répondre). Bonne lecture et encore merci à ceux qui me lisent et qui me disent leurs impressions...
MY SOUL
Samedi je me suis rendue au Musée d'art moderne de Paris pour visiter la première grande exposition monographique en Europe de Kara Walker: Mon Ennemi, Mon Frère, Mon Bourreau, Mon amour. Un travail sur l'histoire de l'esclavage et son héritage dans la société contemporaine qui rend compte des relations entre Noirs et Blancs, esclaves et maîtres, de la ségrégation et de ses contradictions.
Une violence découpée en silhouettes fantasmagoriques et exprimant une lucidité mais aussi un mal être troublant. Kara Walker questionne et déstabilise. A qui s'adresse cette exposition? Voilà une question que je me suis posée en parcourant cette foule d'ombres découpées, en regardant d'un oeil fuyant ces vidéos et ces installations...Puis-je dire que j'ai aimé cette exposition? Je ne sais si tel est le verbe. Je l'ai vue. J'ai suivi Kara Walker dans cette radiographie de l'histoire qui ramène à un présent qui continue d'être dérangeant.
En rentrant, j'ai écrit ce court texte. Voilà, c'est tout. C'est un ressenti, un après-coup...Appelons cela comme on veut. Juste quelques mots (en anglais)...






