Mademoiselle  Simone
 

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Mardi 15 août 2006

Fal-fret ou fal-fwet : coup du sort ; stupeur ; désillusion brutale

Fal : gorge, poitrine, estomac. Mot connu dans l’ensemble de la Basse Normandie et qui proviendrait du vieux norrois (scandinave) falr qui signifie tube.

Fret : froid, frais. Proviendrait du normand : freid.

 En lisant cette définition du dictionnaire de Raphaël Confiant, j’ai voulu en savoir plus sur ces influences normandes. L’auteur développe cette question :

La grande majorité des colons français qui se sont installés aux Antilles au début du 17e siècle étaient des normands. C’est pourquoi le créole ne proviendrait pas du français comme on le dit très souvent (d’ailleurs, à l’époque, le français standard utilisé de nos jours n’existait pas encore !) mais du dialecte normand. D’autre part, l’absence de « R » dans certaines expressions serait à mettre au compte des colons normands et non des esclaves africains ; puisque la plupart des langues négro-africaines comportent le « R » roulé (presque comme l’arabe). L’influence normande est donc lexicale et phonético-phonologique.

 Mais revenons à mon expression : Fal-fret. Elle est surtout utilisée par une certaine génération, celle de mère. Elle fait partie d’un créole enfoui que j’aimerais plus courant tant ses métaphores sont belles.

En effet, de Fal-fret, littéralement: coup de froid dans la poitrine, on en arrive au sort et la désillusion. Interprétation libre de Mlle Simone (que ceux qui veulent en discuter n’hésitent pas) : le froid représente une douleur pour quiconque vient des îles tropicales. Qu’il arrive chez nous aux Antilles, quand les alizés se font frigides au mois de décembre, ou que nous le découvrions ici, dans le faire-froid du pays France, le froid est une désolation et représente un obstacle à surpasser. Une fois domestiqué la vie reprend. Mais quand il arrive, sa morsure est toujours brutale. C’est ainsi que j’interprète cette jolie et triste expression.

Fal-fret c’est aussi un grand groupe martiniquais de caribean-afro-jazz. A écouter sans modération…

 

 

Lundi 14 août 2006

Dabò pou yonn ou Déja pou yonn: tout d’abord

 Littéralement cette expression créole signifie : d’abord ou déjà, pour un. C’est cette subtilité que j’affectionne. Cette suggestion d’énumération (un, puis deux…) me paraît tellement représentative de notre culture où tout se fait à profusion. Non contents de donner une indication sur la liste, il nous faut en plus souligner qu’elle risque d’être longue. Quand j’entends cette expression, les limites me semblent repoussées.

Souvent les sermons parentaux se galonnent de ce Déjà pour un qui en dit long !

 Patrick Chamoiseau le prend à son compte dans sa Biblique des derniers gestes…Une expression qui rythme la narration, la colore.

 Il était légitime que je commence l’histoire de cette page avec cette expression bien du chez moi des îles !

 

 

Lundi 14 août 2006

 Cette période de recherche d'emploi est propice à la fatigue, au stress...Sérénité et bien-être ne sont donc pas un luxe. Spiritus sano in corpus sano: un vieil adage que je reprends à mon compte aujourd'hui. 

Venons en au fait : l’eau de fleur d’oranger.Un léger parfum qui rappelle l’enfance. Elle aurait des vertus, mais je crois que son miracle tient de ces souvenirs qu’elle appelle. Les gâteaux du dimanche après-midi (ceux que mes soeurs confectionnaient tandis que je courais chercher les oeufs frais chez la voisine!), les abords de la cathédrale de Grenade, ville sublime où j'ai vécu des instants inoubliables, les salons de thé...Un parfum qui m'apaise.

La fleur d’oranger est réputée pour calmer les bébés : à la poussée des dents on leur badigeonne les gencives de cette eau aux multiples propriétés. Purifiante et adoucissante, je m’en sers comme démaquillant léger afin de me nettoyer de la pollution parisienne.

Je ne raffole pas du repassage, mais quand je me surprends à m’exécuter, quelques gouttes de fleur d’oranger dans l’eau du fer donne un parfum agréable au linge. Et le soir, j’en vaporise mon oreiller avant de me coucher! Effet garanti !! Que ceux qui veulent qualifier mes conseils de remède de grand-mère, ne se gênent pas: elles nous ont tant appris, n'est-ce pas?

Allez, trêve de nostalgie...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 14 août 2006

Ca y est, je me lance dans l'aventure du blog! Et tandis que j'écris cet article censé vous expliquer le pourquoi du pourquoi, je finis par me le demander! Pourquoi donc venir grossir le rang des carnets de bord virtuels?

  A la recherche d'une locomotive à mes idées, mes projets, mes désirs d'échanger, j'ai pensé que ce blog pourrait représenter un média...

 Média, pour médiation, pont, lien avec les autres...

 Les autres, ce sont mes proches, vivant en Martinique, qui doivent souvent se demander ce que je traficotte là-bas, en France comme on dit chez nous... Ce sont mes amis, entre la Provence, la Chine, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Irlande... C'est aussi le monde du travail et tous les contacts dont j'ai tant besoin pour enfin trouver une activité professionnelle épanouissante... Les autres, c'est encore toutes mes influences culturelles et artistiques: celles qui motivent mes écrits, qui inspirent mes créations, qui pimentent mes idées!

 Arrivée en Europe en 1999,fraîchement débarquée de la Martinique,  j'ai découvert tout un monde: voyages, rencontres, péripéties m'ont permis de vivre des expériences fabuleuses.

Maintenant c'est au tour de Paris d'être le théâtre des mes aventures. Hauts et bas y jouent un zwèl séré (cache-cache) permanent...Qu'à cela ne tienne... A trop vouloir découvrir tous les coins du monde, j'en ai oublié un: celui qui marrone en moi. Il est peut-être temps de m’y mettre!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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