Mademoiselle  Simone
 

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Mardi 1 mai 2007

Fanm popilè, femme populaire, on cherche une femme populaire! Le réalisateur voudrait une femme populaire pour cette scène me dit l'assistant réal!!! Femme je suis, populaire qu'en sais-je? Une femme populaire dans leur jargon c'était une ouvrière, une femme du peuple! Alors Fanm popilè je fus au cours de cette journée de tournage.Et finalement, femme populaire je suis, tous les jours...Enfin, femme tout court. La femme: sujet universel, maintes fois traité mais source inextinguible de poésie. Alors, après la Libertine, la Mademoiselle mère solitaire, la mangeuse d'hommes etc, voilà la Fanm...elle est créole, elle est en créole...mais au bout du compte, elle est femme. Les non créolophones me pardonneront de ne pas traduire, mais j'ai décidé de laisser libre cours à votre interprétation de la musique des mots. Car ça aussi c'est la poésie. Bonne lecture!

Fanm popilè toujou a lè
Toujou a lèz dé pié'y a tè
Tèt’li maré rèd kon fidji'y
Mè tjè’y sé siwo sosé dan sapotiy
 
Nonm popilè toujou bladjè
Djez anlè koy, nèg a zafè
Sé li ki fò, sé li ki tout
Mè sé fanm ka réléy doubout
 
Fanm popilè sé bel négrès ka ratjé tjè
Ko'y sé an lanbéli ki pé rann' ou tèbè
I pa bizwen fawdé ni mété alkéwol
Sé an kalité fanm ki pa ni tan fè wol
 
Nonm popilè enmen fanm popilè
Pas sé pa fanm a djendjen ka ba'w bon gaz épi bon fè
Sé an manman sé an métrès, sé jou ek lannuit' miganné
Sé sik lélé dan myel épi ti tak sitwon, jodi i pé ba'w tò mè i sa pawdoné
 
Yo di i popilè pas i pa ni lajan
Pas i pa ni bel wob, mè gadé'y an didan
Ou key twouvé doulè, couraj épi lanmou
I féwoss ek i fò, mè sé an bel madou
 
Lè nonm ka wondi o bò fanm popilè
Yo ka vini koutja, lespri yo a lanvè
Pa ka fè popilè douvan an fanm de klas
Pas lè i ka maché tjè yo an lavalas
 
Yo sé lé suiv lodè lapo'y jis tan lannuit rivé
Fanm popilè sé an volkan sé an kraché difé
Pa ni bijou pa ni saten pa ni chivé a popot
Mè lé ou jwenn fanm popilè dé zié'y pé rann ou sot
 
Sé wou sé mwen sé manman ek granmanman
Sa ki ja mò sa ki ka viv ek sa ki poko asé gran
Sa ki ni fos sa ki two fèb sa ki ka goumen pou lonnè
Pas ke yo las wé fanm popilè rimé épi doulè
 
Respé ba fanm popilè ki té ka travay rèd adan kann a malè
Respé ba fanm popilè ka swen ich li tou sèl o ra lapot lanmizè
Respé ba fanm popilè ka bat pou nonm popilè arété fè kok djèm pas yo di yo pli fò fout'
Respé ba fanm. Tout' kalité fanm. Konba a poko bout', fok nou rété doubout'
 
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
Lundi 30 avril 2007
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
Dimanche 29 avril 2007

Dimanche...Mes pensées errent du côté de la Mère des Caraïbes...Une maison de papier a longtemps abrité de savoureux repas dominicaux après la messe, alors qu'une chaleur harassante s'engouffrait sous la tôle surchauffée d'une scélératesse astrale. J'ai mis en mots ce souvenir et maintenant  le son! Bonne écoute!

La maison de papier : Maisondepapier.mp3
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
Vendredi 27 avril 2007

Petit texte rédigé lors d'un atelier sur le son et les mots. Il était question de rendre par l'écrit des sensations sonores...Une prochaine étape serait de l'enregistrer pour mettre en valeur le motif du son et en particulier cette onomatopée tirée du créole que j'utilise pour rythmer ce poème: plakatak. En attendant que je m'y mette, bonne lecture!

Plakatak plakatak
Tempo d’talons aiguilles contre moiteur du bitume
Plakatak plakatak
Falbala d’cotonnade contre mercure épidermique
Plakatak
Midi vient de sonner dans le mitan du jour
Cacophonie de cambrures provocantes et cruelles
Midi vient de sonner
Dans le mitan du jour, cacophonie de cambrures provocantes et crues elles
Mi ta’w mi ta mwen, voilà pour toi voilà pour moi
Dialogue d’un cul qui se dandine avec des yeux qui s’hallucinent
Plakatak plakatak
Au loin un concerto en staccato de regards mâles avides de bien
Fais-moi du bien baby
Eh baby, baby
Mic mac de mecs aux airs de mac dévisageant les filles de leur verbe insolent
Baby, psitt, psitt
Mais le cliquetis des stilettos s’accélère sur l’pavé
Plakatak plakatak
Plakatak plakatak
Plakatak plakatak
Gouaille taquine des triquards en déroute
Sous leurs cils excités ils la regardent passer
En silence. Et son corps sage susurre des sueurs froides à ces sexes indécents d’impatience
Il fait chaud
Petite chipie chauffe les chalands chamboulés de désir peu chastes
Eh baby, baby, psitt
Il fait chaud
Mais petite chipe tourne ses talons sur des espoirs tombés sur le bitume
Fini le cliquetis des stilettos sur le pavé… Plakatak plakatak
Et la ville abrutie de relents de zénith soupire.
 
 
 
 
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
Mercredi 11 avril 2007
De retour d'un voyage en Martinique où j'ai eu le privilège de dire mes textes et de découvrir des poètes martiniquais et guadeloupéens talentueux et très actifs sur la scène culturelle aux Antilles. Retour difficile, mais séjour positif: plein de bonnes vibrations et de perspectives pour l'avenir.
J'ai très peu écrit durant ce séjour, mais me suis surtout nourrie de toutes les influences poétiques et culturelles que m'apporte cette île chargée de sens pour l'exilée que je suis.
Voilà un des premiers textes que j'ai rédigé en arrivant. J'en ai aussi écrit un en créole et quelques autres que je posterai sur ce blog petit à petit. Bonne lecture!
Après l’heure c’est plus l’heure
Et je suis en retard
Le temps a traversé toute une éternité de vie
Dans sa course il a basculé les repères
Culbutés les souvenirs
Chavirée la mémoire
Le mirador du temps d’enfance n’est plus un arbre à pain aux feuilles palmipèdes
Une vulgaire grue racole les oiseaux
Provocante indécence soulignée de goudron
 
Après l’heure c’est plus l’heure
Le chant du coq s’est fait la belle
Et l’intempestif bavardage des caterpillars boucane au creux des pipiri chantant
Après l’heure c’est plus l’heure
Et je suis en retard
Le cœur d’une nuit atrabile a livré ses lueurs aux néons cannibales assoiffés de l’intime moiteur d’un chant de criquets en chorus
Et des résonnances satellites violent le jour qui se meurt
Recouvrant leur délit d’un long manteau d’asphalte
Après l’heure c’est plus l’heure
Et je suis en retard,
Pour taire les outrages d’une érection urbaine qui féconde les ruines
Et les grues adossées aux matins qui se suivent racolent des oiseaux dont les barbelés ont rançonné les plumes
Un linceul de bitume voile les écorchures
Mais la plaie est béante
Et je n’ai plus le temps
Après l’heure c’est plus l’heure
Et je n’ai plus le temps
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
 

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