Mademoiselle  Simone
 

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Vendredi 16 février 2007
Les gens disent
Moun ka di
ON dit
 
ON n’a pas de non-dit
ON raconte à tout va au nom du on-dit
La parole en bouche se charge de miel ou de fiel
Selon le sens d’un vent de colère ou d’untel
Qui mouline la parole et la fifine en vrac
Telle bouche se colle à telle oreille du tac au tac
 
Les gens disent
Moun ka di
ON dit
 
Les commérages se jalousent aux fenêtres
Les langues se délient, y osé di sé tatjet
ON n’a pas de nom, dis ?
ON n’est jamais absent au grand bal du mépris
Quand dira-t-on qu’ON s’est lassé des cancans ?
Et du qu’en dira-t-on déposé tout bonn’ment
 
Plus de mille ans de milans stockés au bord des lèvres
Médits commis sur qui ou quoi, acérés comme un glaive
ON n’a pas d’sentiment
Et la bêtise de ON n’attend pas d’consent’ment
Tel un cloporte qui colporte la zizanie de porte à porte
Fais gaffe surtout si ce ON là fait partie de tes potes
 
Les gens disent
Moun ka di
ON dit
Les gens disent trop de choses
Au lieu de s’occuper d’leur cause
ON pourrait ptet faire une pause
Avant q’l’arroseur ne s’arrose
 
La rumeur s’abreuve de paroles incertaines vite raccommodées
Et cul sec vide le fond d’un verre de maux mal distillés
Jamais lassé de s’prélasser dans la mélasse du sensationnel
ON a toujours besoin d’un bon ragot dans sa gamelle
Téléphone arabe portable aux forfaits infinis
On aimerait bien fermer sa gueule à ce ton qui médit
 
On aim’rait bien lui claquer le clapet
Et qu’on nous f…. laisse un peu en paix
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
Jeudi 8 février 2007

Il m'a été récemment demandé d'écrire un texte sur le thème du Sida. Je n'avais jamais eu idée d'écrire à ce sujet. Va savoir pourquoi! Voilà ce que l'exercice a donné entre Bastille et Créteil préfecture:

Si tu crois que la chlamydia
C’est un genre de fleur des bois
 
Si tu penses que les hépatites
C’est un peu comme les clématites
 
Si t’imagines q’la candidose
C’est du sucre candy, mais rose
 
T’as ptet confondu MSN et MST
Et si tu continues comme ça, tu pourrais peut être y rester
 
Si tu te dis qu’ya des gens bien
Et q’ça vaut tous les tests sanguins
 
Si tu t’imagines que l’retrait
C’est sans risques, mais q’tu jouis d’un trait
 
Si tu fais confiance à ta meuf
Mais q’tu sais pas où traînent ses seufs
 
Si tu t’dis q’ton mec est fidèle
Et q’les capotes c’est trop l’bordel
 
T’as ptet pas encore rencontré
Un trithérapiste épuisé
 
Si au guichet d’ta pharmacie
Tu chuchotes : une boîte de 6 au patchouli
 
Si quand tes potes disent qu’avec capote c’est nase
Tu t’demandes s’il leur manque une case
 
Si tu t’contentes pas d’un j’suis clean
Pour le sexe et l’hémoglobine
 
C’est ptet qu’un jour t’as bien flippé
Et q’t’es pas prêt d’recommencer
 
Si tu confonds pas VHS, VIP et VIH
C’est q’tu sais q’ce putain d’ virus c’est l’genre à te la couper cash
 
Et si t’as pas compris ce texte
Faut q’t’arrêtes d’sniffer du latex
 
Comme dit ma mère : on n’a qu’une vie
C’est encore mieux sans HIV
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
Dimanche 4 février 2007

par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
Dimanche 4 février 2007
Mademoiselle a eu des amants à la pelle,
Des amoureux de pacotille se sont succédé en kyrielle,
Des romances sans avenir avec tout juste assez de sel
Pour épicer ses souvenirs quand elle se retrouvait toute seule
 
Elle courait tout son soul dans la course à l’amour
Un voyage en love story avec un aller sans retour
A la recherche du type honnête qui prendrait son cœur en secours
Mademoiselle a bien compris q’ses rêves soupirent au petit jour
 
Mad’moiselle a fait des bébés, nés en totale solitude
Si seulement elle avait pensé que l’avenir leur serait rude
Sans les papas qui s’sont barré avec une looser attitude
Elle a bercé ses nouveaux nés au son de son cœur d’inquiétude
 
Après le premier, elle avait promis à son âme
De ne plus commettre l’erreur de croire en tous ces mythomanes
La bouche en monts et merveilles, qui voulaient faire d’elle une dame
Elle rêvait de robe blanche, mais c’est ses ailes d’ange qu’elle crame
Au feu de passions consumées et puis si vite consommées
Mère courage aux espoirs encore vifs, elle voulait simplement aimer
 
Ses seins encore rebondis du lait de désirs rêvés
Amazone au ventre fécond courbé sur ses prières fanées
 
Mademoiselle remet le couvert
Insouciante, inconsciente ? Un gosse, c’est pas un fait divers
T’as rien compris miss ? Ou t’as mal cousu le revers ?
C’est pas un marmot de surcroît qui sucrera tes chairs amères
 
Et puis trois, et puis quatre, et puis cinq, et puis
Défilé de géniteurs au hasard de tes nuits
Ils s’en foutent des gamins, c’est leur courage qui fuit
Eux, tout ce qu’ils voulaient, c’était passer, et puis…
 
Mademoiselle est seule. Ya plus ses gosses
Elle est seule et le temps à brûlé son carrosse
 
Souvent pour s’amuser, les hommes de passage
Qu’elle pensait éternels compagnons de voyage
Se sont joués de ses je t’aime et ont brisé ses ailes
D’albatros maladroit, aigri d’amours conditionnels
 
Mademoiselle, ne sera jamais Madame
Elle a tant voulu être La Femme
(Avec un grand…n’importe quoi)
 
Mais elle n’est qu’une,
Parmi d’autres
 
Des amoureux de pacotille se sont succédé en kyrielle,
Des romances sans avenir avec à peine assez de sel
Pour épicer ses souvenirs. Mademoiselle est seule.
Mademoiselle restera seule peut-être
Tout l’monde s’en fout d’mademoiselle
Et de ses amants à la pelle
Et puis du petit grain de sel qui ronge son cœur et ses ailes
Tout l’monde s’en fout
 
 
 
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
Mardi 30 janvier 2007
Au pied du goyavier, je croque mes souvenirs d’enfance
Quand le crépuscule basculait ses rumeurs dans le lit de ma couche
Mes songes se faisaient otages de zombis en bombance
C’est l’heure ! C’est l’heure où le bleu de la nuit tombe et s’effarouche
 
Un panthéon créole se cache-cache d’immuables peurs
De l’autre côté du monde, où les éléments s’emmêlent
L’invisible se fait plus présent à chaque heure
Qu’envahit la noctambule balade du ciel
 
Mes souvenirs se rappellent des fantasmagories du Baron Samedi
Des joutes de Manman d’lo, ses nuits d’amour sans trêves
Le défilé des succubes en habits de diableries
Ou le dorlis de ces dames qui voulait pénétrer mes rêves
 
Je me souviens du carnaval des gens gagés, des chevaux à trois pattes
Parade de mille, douze mille couleurs à l’essence de tropique
Je me souviens de la magie de ces contes acrobates
Qui jonglaient entre les merveilles d’une indicible mystique
 
C’était un pays où la raison n’a pas sa place
Où l’esprit danse avec les rois
 
Les contes de fée de mes heures d’enfance
Sont décorés de cocotiers
Les esprits y promènent leur insolence
Ombres tapies sous un rideau d’alizés
 
Au pied du goyavier, je croque mes souvenirs d’enfance
Quand le crépuscule bascule ses rumeurs dans le lit de ma couche
Mes songes se font otages de zombis en bombance
C’est l’heure ! C’est l’heure où le bleu de la nuit tombe et s’effarouche
 
C’est l’heure où l’esprit danse avec les rois
 
par Mademoiselle Simone publié dans : Le mot du jour
 

On est quel jour?

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