Big brother?

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Le mot du jour

Lundi 14 août 2006

Ca y est, je me lance dans l'aventure du blog! Et tandis que j'écris cet article censé vous expliquer le pourquoi du pourquoi, je finis par me le demander! Pourquoi donc venir grossir le rang des carnets de bord virtuels?

  A la recherche d'une locomotive à mes idées, mes projets, mes désirs d'échanger, j'ai pensé que ce blog pourrait représenter un média...

 Média, pour médiation, pont, lien avec les autres...

 Les autres, ce sont mes proches, vivant en Martinique, qui doivent souvent se demander ce que je traficotte là-bas, en France comme on dit chez nous... Ce sont mes amis, entre la Provence, la Chine, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Irlande... C'est aussi le monde du travail et tous les contacts dont j'ai tant besoin pour enfin trouver une activité professionnelle épanouissante... Les autres, c'est encore toutes mes influences culturelles et artistiques: celles qui motivent mes écrits, qui inspirent mes créations, qui pimentent mes idées!

 Arrivée en Europe en 1999,fraîchement débarquée de la Martinique,  j'ai découvert tout un monde: voyages, rencontres, péripéties m'ont permis de vivre des expériences fabuleuses.

Maintenant c'est au tour de Paris d'être le théâtre des mes aventures. Hauts et bas y jouent un zwèl séré (cache-cache) permanent...Qu'à cela ne tienne... A trop vouloir découvrir tous les coins du monde, j'en ai oublié un: celui qui marrone en moi. Il est peut-être temps de m’y mettre!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Simone
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Mercredi 16 août 2006

Extrait de mon carnet de métro: impressions

[…] Assise dans le métro, j’observe cet homme. Cinquante ou soixante ans peut-être. Africain peut-être ; noir à n’en pas douter. Il lit, se désintéressant totalement de son entourage. Il lit : « Avoir confiance en soi, mode d’emploi ». Sur la couverture, la photo d’une jolie femme, glamour. En résumé, une lecture tout ce qu’il y a de plus féminine. On ne peut plus…Cela n’a pas l’air de déranger notre homme. Il est tard, quelques oiseaux de minuit errent encore dans le métro, pas de quoi fouetter un chat. Presque allongés sur les banquettes, deux autres discutent. Ils parlent des femmes. A voix haute, ils énumèrent : qui les caresses de Julia, ou les doigts de fées de Magali, qui les scènes de ménage de Patricia. Ils parlent haut et fort dans ce créole que la majorité du train comprend, l’ont-ils remarqué? Tant pis, j’ai tant de choses en tête, que Marina et ses gâteries à faire tomber une armée, n’ont pas beaucoup d’importance. Il est tard. Je rentre, le cœur, la tête et tout le reste ailleurs. Dans cette ville, plus grande que tous les mouchoirs de poche où j’ai vécu jusque là, j’ai pris conscience d’une réalité que je ne contemplais pas avant. Je ne suis plus moi, je, dans un espace où l’anonymat est impossible. Je suis tous ces autres assis dans ce métro, direction banlieue ci ou là. Je suis cet homme qui cherche un peu de confiance dans ce livre, ces deux autres qui parlent de leurs conquêtes. Ou cette femme, là, tout près de moi, avec des hanches et un arrière-train qui accusent quelques gratins de bananes de trop : « Mais, ma fille, l’hiver n’est pas facile non ! Quand tu vis dans le « faire froid » de la personne, il faut te capitonner, toi et ton capital ! » Je suis aussi cette petite fille, accusant une alopécie précoce pour cause d’acharnement maternel à faire pousser sur son crâne des tresses sévèrement harnachées. Je suis une immigrée, une exilée. Sept longues années pour en arriver à une conclusion que d’autres avaient pris moins de temps à admettre. Tous les sentiments oubliés, refoulés, chassés à coup de pied, refont surface. Je reconnais que j’avais trouvé plus sympathique de définir cette nouvelle vie que j’avais choisie, comme un long voyage. Vous entendez bien Mesdames et messieurs, un voyage. C’est quand même plus rassurant de définir les choses de la sorte. Non ?[…]

 

 

 

Par Simone
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Samedi 2 septembre 2006

Extrait d’un de mes textes. Le personnage principal : Armelle Lamaire, embarque dans un avion qui la conduit vers son pays qu’elle a quitté depuis 8 ans et qu’elle n’a plus revu depuis tout ce temps. Ses souvenirs d’enfance la bousculent, la bouleversent comme cette bouffée de chaleur qui va retourner ses sens dans bientôt six heures…Quand la piste d'atterrissage vomira l'insupportable chaleur du goudron.

[..]Pourtant Julia ma mère a toujours tout fait pour me protéger des autres et de leurs mystères. Les autres… Dans la vie, il y a toujours les autres. Les yeux des autres, les cancans des autres, les milans des autres, leur odeur, leurs mains. Les fameuses mains. Membres dotés d’une ambiguïté farouche. Toujours prêtes à se tendre, mais aussi prêtes à nous vendre quand l’occasion fait le larron.

 

 

C’est surtout de leur malveillance que j’avais appris à me méfier depuis le ventre de ma mère. A un âge où je n’avais pas encore conscience du monde, les mains me guettaient déjà pour s’emparer de la pureté de mon esprit. Jamais ma mère, Julia, n’aurait laissé quelqu'un, inconnu ou même parent, approcher ses mains de ma tête. Il fallait laisser mon âme où elle était. Il y avait aussi la fontanelle qu’il ne fallait surtout pas effleurer. Cette mystique nourricière développant toute l’assiduité de ma mère qui en aurait presque oublié mon corps au profit de ma tête :

 

Flux, reflux des esprits

Battements de cœur céphaliques

 

Puits de mystère

Bulle d’infime enfance

Mains étrangères à écarter

Mains baladeuses, voleuses d’âme

Fifine la pluie à éviter

La protection est assurée

Cette protection je l’ai toujours reçue. Elle y veillait, Julia, ma mère. Je me souviens de ses inquiétudes irrationnelles quand j’étais enfant. Je n’oublierai jamais…[…]

 

 

 

 

 

 

Par Mademoiselle Simone
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Vendredi 15 septembre 2006

Après une semaine de silence, je relance la danse, avec une pensée ponce sortie de mes moments d'absence. Extrait de mon carnet de métro, un peu slamisant ces derniers temps, ce texte est selon moi à dire plus qu'à lire. A vous de voir :

ILE

J’la vois comme une jeune fille frivole

Une catchopine aux idées folles…

On fait tous l’article de ses plages

Mais moi j’vois aussi le marécage

Certains diront q’suis pessimiste

C’que j’vois me rend juste trop triste

Ok au début t’as la plage, les cocotiers, cet air salin

T’as les mamans doudous qui triment

Mais qui font un tout avec un rien

Hum, t’as une cuisine qui pousse au crime

Tellement c’est bon t’en perds la tête

C’est vrai, quand t’es parti d’puis longtemps

Au pays ton âme et ton cœur se mettent d’accord pour faire la fête

C’est sur, t’as la beauté des paysages

Le patrimoine, les traditions

Mais des fois, c’est juste une question d’dosage

Parfois tout ça c’est d’l’illusion

Eh oui, t’as la nana qui t’dit bonjour

Chaque matin avec un sourire plein de dents

Mais même si t’as rien fait pour

Dès q’t’es parti, place aux milans

T’as ton voisin en Mercedes

Alors qu’il vit entre quatre tôles

Il t’dira jamais sa détresse

Il noie le tout sous les paroles

Ouais, ça ils savent faire les gars d’chez moi

Semeurs de mots ou d’ spermatos

Et ça veut q’tu l’appelles papa ?

Non, tout n’est pas toujours beau

C'est sur, t’as la beauté du métissage

La négritude en réunion

Mais si tu regardes sous l’ramage

T’as un peuple en désillusion

J’la vois comme une jeune fille frivole

A qui il faudrait une révolution

J’la vois comme une catchopine folle

Pourtant berceau d’mes émotions…

Je sais, j’devrais être plus optimiste

Mais elle m’donne pas toujours les bonnes pistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Mademoiselle Simone
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Dimanche 17 septembre 2006

France aise ?

Aller retour pour Fort de France

Loin le mouvement de Panam, atterrissage de 5 à 7

Tance les pensées rances de ton errance sur la terre France

Entre migan et macadam, décollage et sec à sec

Exil en fleur et île aux fleurs

Taire la peur du retour en terre natalité

Frêle essence d’existence hèle ta peur, heurt

Des rives dérive l’état de doute, identité

Retour au pays de l’enfance

Grand rodéo de maux, mots érodés qui rôdent

Conscience d’existence ponce renoncée à outrance

Langue de broderie débridée te taraude et déborde

Tort et faction de la torpeur

Expression compressée d’une scélérate détresse

Torréfaction de la douleur

Ivresse maîtresse du bout des doigts l’espérance caresse

Pertinence d’appartenance

A part entière à une terre abandonnée

Erre en cet entre deux d’inconstance

Identité doutée, doute et identité.

 

 

Par Mademoiselle Simone
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On est quel jour?

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