Do you speak English ?
L’entretien d’embauche est un moment privilégié dans la recherche d’emploi. Aujourd’hui j’ai passé cette épreuve pour la toute première fois. J’entends par là : un véritable entretien avec un employeur que je ne connais pas pour un poste x. Un moment motivant et encourageant car jusqu’alors, personne ne m’avait encore donné la chance de m’exprimer suite à une réponse à annonce.
Petit flash back : il y une semaine, au cours de ma visite quotidienne du site de notre bonne vieille ANPE, je tombe sur l’Annonce, avec un grand A. Il faut dire que ce site ne regorge pas d’offres me concernant. Je cours, je vole et je rédige une lettre de motivation tout ce qu’il y a de plus motivée, je l’accompagne de mon cv revu et corrigé, et hop c’est parti.
Cette annonce offrait un poste d’assistante éditoriale pour une entreprise proposant une banque de données on-line regroupant toutes les informations nécessaires à un anglophone expatrié à Paris (adresses utiles, démarches, loisirs etc). Qualités requises : bonnes capacités rédactionnelles, anglais et autre langue, maîtrise de l’outil informatique, rigueur…bref : tout moi !!
Deux jours plus tard, je reçois un mail du recruteur me réclamant mon cv en anglais. L’annonce ne le précisait pas, mais qu’à cela ne tienne, je m’exécute et ponds un « resume » dans les règles de l’art. Je l’envoie et bingo, je décroche un entretien.
Cela nous ramène à aujourd’hui ! Je me lève et je me bouscule, je n’me réveille pas, comme d’habitude…Et puis, je relève le drap, et…le stress commence à monter…c’est le grand jour, celui de mon tout premier entretien d’embauche !!! En anglais !!Oh my god !!
J’arrive au rendez-vous, et nous nous mettons à discuter. Hésitante au début, je prends mes marques, expose mon parcours et mes compétences. Mon interlocutrice sourit, et gentiment me dit : Votre anglais est très bon…Et là, je sens le « mais » pointer son nez avec ses gros sabots !!! Bingo, il arrive : mais, je recherche en priorité des personnes dont la langue maternelle est l’anglais. Les assistants éditoriaux actuels sont d’ailleurs américain, anglais ou irlandais.
Vous souvenez-vous des petits oiseaux que l’ont voit défiler dans les dessins animés en signe de flop intégral, eh bien ils se sont tous réunis pour une grande parade dans mon dos à ce moment bien précis. Mais je ne me laisse pas démonter, ce job je le veux. Je lui fait gentiment (eh oui, je peux le faire !!) remarquer que dans mon cv il est mentionné : french-native speaker, pas english. En gros, elle le savait, alors pourquoi me faire venir ? Et puis : ça veut dire quoi cet argument à deux euros cinquante… Bien sur, je n'en dis rien, mais je le pense si fort...
Elle répond que mon profil l’intéressait fortement : l’Irlande, le LEA etc et qu’elle voulait quand même me rencontrer. Je saisis ce javelot qu’elle a bien voulu me tendre. Je lui explique que son argument selon lequel les english native speaker sont mieux placés pour transmettre l’info en anglais sur le site, ben c’est pas terrible. Car dites-moi, ces infos, ils les piochent bien de sites français et francophones non ? Donc il faut aussi maîtriser le français dans toute sa majestueuse subtilité !!! Ok, j’aurais pu trouver mieux, mais je voudrais bien vous y voir ! Elle admet que…peut-être…et moi, je m’engouffre dans la brèche, parle de mon goût pour la culture internationale, de mon expérience de l’expatriation au cours de mes études, de mes connaissances de certains domaines peu abordés sur leur site, surtout point de vue culture… Elle vacille et propose un test : lui envoyer par mail, un exemple de mes compétences en traitant le sujet des agences immobilières à Paris, sur le modèle des articles de leur site. Car effectivement mon profil et ma personnalité lui plaisent et elle veut bien me donner ma chance.
Les choses se détendent, elle me questionne sur mes origines, mes goûts etc Je réponds cordialement et continue de semer mes grains en lui faisant comprendre que mon vécu et mes compétences correspondent exactement à ce marché. Je recense mes atouts et points faibles afin de lui faire comprendre que le seul point faible est que ma langue maternelle est le français. Ce que j'essaie de lui dire c'est: Vous avez vu que je peux m’adapter facilement à divers environnements de travail, que je suis réactive, rigoureuse, et autres., alors l’anglais n’est pas une barrière !
Elle ne donne pas de réponse et me dit qu’elle attend mon test. Ellle suggère que je contacte leur franchise à Madrid, car il y a peut-être des opportunités. Puis je lui dis que j’ai remarqué que l’équivalent de leur produit pour les francophones expatriés n’existe pas vraiment. En tout cas pas de façon centralisée (que ceux qui ont des exemples, me transmettent l'info s'il vous plaît). Et là, je vois ses yeux se transformer en petites étoiles, tel le coyote des cartoons et je comprends que j’ai réussi à retenir son attention, à la convaincre que je n'étais pas une potiche et que j'avais le sens de l'initiative…
Cet entretien portera ses fruits ou pas, mais c’est une bonne expérience et un moyen tangible de tester ma capacité à me vendre et à éveiller l’intérêt du recruteur.J’espère qu’il est le premier d’une suite fructueuse.
To be continued...!






Votre avis